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Béatrice Libert - Poétesse

 
Béatrice Libert
est née à Amay-sur-Meuse, en Wallonie.
Elle vit et enseigne à Liège (Belgique.
 
Elle a publié des poèmes, des essais, des récits, des monographies et des nouvelles.
Passionnée par l'art sous toutes ses formes, elle aime écrire en collaboration avec des artistes 
peintres, graveurs, photographes et musiciens.
 
Quelques-uns de ses poèmes ont été mis en musique par Michel Bruno (Liège) 
et Xavier Buffet (Paris).
 
Elle donne des récitals de poésie, accompagnée de la harpiste liégeoise Angélique Giorgio.
(dossier sur simple demande).
 
En avril 2000, elle a été reçue comme "visiting professor"  à l'université de Denison, en Ohio.
 
Membre de la Chartre, de la Sacd, du Conseil international d'études francophones et de 
l'Association des Ecrivains Belges.
 
Nombreuses rencontres dans les écoles, les collèges, les lycées.
 
 Invitée dans divers festivals, salons du livre et congrès internationaux.
 
Poèmes parus en revues, en anthologie et divers sites.
 
Oeuvres traduites en plusieurs langues : allemand, anglais (England, USA) 
espagnol, italien, letton, russe, polonais, roumain, hongrois,...
 
 
Elle anime des ateliers d'écriture poétique :
-  (un samedi matin par mois) à la Maison de la Poésie et de la langue française à Namur 
(www.maisondelapoesie.be)
-  ainsi que dans la galerie Art'Mony à Fexhe-Slins 
(jacques.germay@skynet.be)
 
 
 
Contact :
9, avenue des Ormes, 4000 Liège.
beatricelibert@yahoo.fr
00.32.4.253.19.76

 


 
 
***
 
 
 
 

Brouillon d'un rêve

Béatrice Libert

 
 
 
 
Tu vois : nous naissons encore à nous-mêmes
 
Infuse en nous cette alchimie
cet or perdu et retrouvé de l’aube
 
Verte clarté de l’ineffable
où l’ailleurs est dans l’ici
à la fusion de nos silences
 
Corps théâtral du monde
à l’écoute du levant
 
Tu me lis comme on aime
Nous avançons vers le miracle
 
 
 
                 *
 
 
 
Brouillon d’un rêve
 
L’écorce boit la lumière
inscrit son chiffre
sur la peau du monde
hiéroglyphe de la beauté
 
Toute ombre a disparu
 
 
                 *
 
 
C’était un jour avant le jour
 
Le savais-tu que tu venais vers moi ?
Le savais-tu que la lumière
réunirait nos mains  nos voix  nos songes ?
Le savais-tu que nous aurions cette vivance
dans le regard où nous basculerions ?
 
L’énigme est sur nos lèvres
comme un poème à déchiffrer
 
Ne rien forcer  dis-tu
Laisser nos âmes se reconnaître
 
Alors de grands oiseaux sont nés
pareils à des fleurs d’aube
sur les collines de nos jours
 
Hautes dunes où se lisaient nos signatures
en creux sur le sable du couchant
 
Et le bleu et le jaune
s’enracinaient jusqu’en nos os
moelle où l’oiseau libre en nous
puisait son élixir
 
Chemins de ronde et nids de pierre
chantaient le nouveau matin
 
 
 
                 *
 
 
De la nuit sculpturale
sourdait le corps de l’aube
et nous nous accouplions à son geste clément
 
Dans quel ravissement tombions-nous ?
Vers quelle incandescence ?
 
Ce pays de jamais naissait
de quelque éden fantasmé
 
Nous jetions à la mer nos projets périmés
petits désastres et queues d’effroi
 
Il fallait consentir 
à la ruche du néant
à la perte de nos mains
à des pâleurs nouvelles
montées du fond de nous
 
Ce qui nous arrivait allumait nos candeurs
 
                 *
 
 
 
Alors nous avons pris un peu de terre et d’eau
pour façonner des mots désaltérants
 
Le feu en nous germait plus fort 
 
Sur la rampe de l’horizon nous avons posé
un à un comme puits délectables  nos agrès
la semence de notre histoire
où la raison se débattait
 
 
                 *
 
 
 
Puis nous nous sommes assis
pacifiés devant l’âtre du jour
 
Patience entre nos doigts
Claires fusées de nos rires
 
Dans nos pensées transitives
l’espace se déployait
 
Cascades et petits ponts
Cours traversées de vents
 
Château coiffé de monts
et meules assoupies
 
Le chemin grimpait
bien plus vite que nous
 
 
                 *
 
 
Alors les yeux fermés
je vis ton soir jumelé à mon soir
 
Sous ma langue 
tes mots bougeaient
 
Un souffle sur nos visages
maintenait notre ardeur
 
Nos masques étaient morts  
Nos faces immortelles
 
 
                 *
Entends-tu te disais-je
ce chant d’apesanteur ?
 
La parole subtile
des essences fécondes
 
comme un paraphe nu
voguait dans l’entre-monde 
 
O cicatrice du bonheur !
 
O jeu lent et abstrait
où nous nous retrouvions
 
déclinant les couleurs
où nous aimons dormir !
 
Avec elles sont venus
jasmin et réséda
 
comme une histoire ancienne
tissant son papyrus
 
 
 
                 *
 
 
La ville en nous s’était assise
ses promesses d’osier
et ses crayons de fleurs
 
Nous la bercions sur nos genoux
et dans le nu de la chaleur
 
O ville ! Terre promise !
 
Le temps remontait dans mon cou
 
 
 
                 *
 
 
 
La fenêtre donnait sur la toison du monde
armoriée par l’été
 
Le parc joignait les lèvres
enclosant un semis de murmures et de joies
 
On a tourné la page
où la pluie décalquait des phrases abandonnées
 
Un feu secret battait nos tempes
Le matin a flambé vorace prédateur
 
Très lentement
comme on déchire une eau tranquille
nous nous sommes éloignés
 
 
 
                 *
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Écrit d’après des photographies (Serie "abstract") de Frédéric Karikese. 
Poèmes datés de ce 13 juillet 2006
 
À Liège   © Béatrice Libert